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# Le nom de la promotion d'une cohorte d'étudiants en droit: what's in a name ?
- URL: https://eclatsdelumiere.eu/le-nom-de-la-promotion-dune-cohorte-detudiants-en-droit-whats-in-a-na/
- Published: 2025-08-27T07:59:00.000Z
- Updated: 2026-08-22T08:00:03.000Z
- Author: Erik Van den Haute
- Tags: Démocratie, Enseignement

27.08.205  
  
La proposition de donner à la promo 2025 de la Faculté de droit et de criminologie de l'Université libre de Bruxelles le nom de la députée LFI Rima Hassan a déjà fait couler beaucoup d’encre.  
  
Une chose est certaine. En tant que professeur de cette faculté et engagé quotidiennement pour la défense des valeurs humanistes et démocratiques, ce choix m’attriste et je ne peux que m’en distancier.  
  
La cérémonie de remise des diplômes doit être un moment fédérateur qui rassemble tous ceux et toutes celles qui, pendant plusieurs années, ont travaillé et œuvré ensemble, tous les acteurs de la faculté. Or, quel que soit l’avis qu’on peut avoir quant aux prises de position de Rima Hassan, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle divise, qu’elle polarise. Comme Trump ne sera jamais le Président de tous les citoyens américains, Rima Hassan ne sera jamais l’emblème de tous les étudiants de cette promo. Les auteurs de la proposition ne pouvaient l’ignorer, au vu de la polémique qui avait déjà fait rage lors du premier vote en juin. Errare humanum est, perseverare diabolicum.  
  
J’avais l’espoir que notre faculté diplôme des juristes capables de dépasser les positions populistes et simplistes binaires pour embrasser la complexité de notre monde. Des futurs juristes, avocats et juges capables d’apporter leur contribution à la pacification sociale. J’avais l’illusion que nous formions les étudiants au libre examen et à la critique historique, des ambassadeurs de l’état de droit qui en mesurent aussi toute la fragilité. Manifestement, ce n’est pas toujours le cas et je déduis de cette épisode que nous devons redoubler d’efforts pédagogiques pour remettre au centre de nos enseignements les valeurs fondatrices de notre Université, que nous ne pouvons prendre pour acquises.  
  
Je déplore enfin l’instrumentalisation qui en a été faite par le monde politique et les amalgames en tous genres qui nuisent à la sérénité des débats. Il est temps de cesser la surenchère des déclarations et des communiqués de presse incendiaires. Laissez-nous avoir ce débat en toute sérénité au sein de notre faculté, cette fois avec tous les acteurs concernés. Il existe au sein de notre faculté et université des organes représentatifs qui rassemblent les différents corps, en ce compris les étudiants, et où le vrai débat démocratique aurait pu avoir lieu en amont. Le caractère démocratique de la proposition ne requiert-il pas l’implication de tous les acteurs concernés pour éviter que la faculté n’ait à endosser un choix potentiellement dommageable pour sa réputation d’une manière durable ? Le débat n’est-il pas un prérequis de la vitalité de la démocratie ?